Prévenir les récidives du cancer par richard Béliveau

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Prévenir les récidives du cancer par richard Béliveau

Message  MARIELEA le Lun 17 Oct - 8:44



La mesure de l’ADN prove­nant de cellules cancéreuses dans le sang des patientes atteintes d’un cancer des ovaires pourrait permettre de détecter précocement la récidive de la maladie et d’améliorer la survie.
Le cancer est une maladie sournoise dans la mesure où elle évolue souvent de façon silencieuse pendant plusieurs décennies avant de provoquer des symptômes clini­ques. Il s’agit d’un grave problème, car les traitements anticancéreux actuels sont en général beaucoup plus efficaces lorsqu’ils sont dirigés vers des tumeurs de petite taille et la détection précoce de ces tumeurs peut donc grandement améliorer les chances de survie des patients. C’est d’ailleurs pour cette raison que beaucoup d’efforts sont actuellement consacrés au dépis­tage précoce de certains cancers fréquents, comme ceux du sein (mammographie), de la prostate (PSA) et du côlon (coloscopie).

L’importante baisse de la mortalité associée au cancer colorectal dans plusieurs pays occidentaux est d’ailleurs une conséquence directe des programmes de coloscopie qui sont maintenant offerts aux personnes à risque (antécédents familiaux de cancer, personnes de 50 ans et plus).
Des études récentes permettent de penser que la détection de cellules cancéreuses présentes dans la circulation sanguine pourrait représenter une véritable révolution dans le dépistage précoce de plusieurs types de cancers, de même que dans la prévention des récidives.
La progression du cancer s’accompagne d’une libération de fragments d’ADN dans le sang et il a été démontré que la quantité de cet ADN était étroitement corrélée avec l’évolution de plusieurs types de cancers, incluant ceux du côlon, du sein, de la prostate et le mélanome.
Association utile
Cette association peut s’avérer particulièrement utile pour déterminer une éventuelle récidive du cancer après le traitement d’un cancer: par exemple, une étude a révélé que l’ADN tumoral pouvait être détecté presque un an avant l’apparition de métastases chez des femmes traitées pour un cancer du sein, tandis que la disparition de cet ADN était associée à une absence de récidive et à une guérison complète1. Autrement dit, la mesure de l’ADN tumoral est l’équivalent d’une «biopsie liquide» qui permet de détecter la présence d’un cancer ou sa récidive à partir d’un simple échantillon sanguin, ce qui peut grandement améliorer l’approche thérapeutique face à la maladie.

Cancer de l’ovaire
Le cancer de l’ovaire est ­certainement l’un des cancers qui pourraient le plus bénéficier de cette approche basée sur la biopsie liquide. Chez la plupart des patientes, ce cancer a déjà atteint un stade avancé et invasif lors du diagnostic, et bien que la majorité d’entre elles soient en rémission après le traitement par chirurgie et chimiothérapie, le cancer refait surface chez environ 75 % des femmes touchées.
Des résultats obtenus par une équipe de la clinique Mayo, au Minnesota, pourraient permettre d’améliorer ce bilan clinique2. Les chercheurs ont prélevé un échantillon de sang chez 10 patientes attein­tes d’un cancer de l’ovaire avancé avant et après l’excision de la tumeur par chirurgie, puis ils ont comparé l’ADN présent dans ces échantillons avec celui de la tumeur solide. Ils ont observé que si l’ADN retrouvé dans le sang après la chirurgie était identique à celui de la tumeur solide, les patientes risquaient de voir leur cancer récidiver; à l’inverse, si l’ADN tumoral était absent du sang prélevé post-chirurgie, elles étaient en rémission complète. Cette découverte permet donc d’envisager un traitement personnalisé pour chaque patiente, adapté en fonction de la présence de tumeur résiduelle à la suite de l’excision de la tumeur par chirurgie.
Il est donc permis d’espérer que la détection de tumeurs résiduelles dans le sang fera partie de notre arsenal thérapeutique dans un proche avenir, ce qui permettra non seulement de diagnostiquer la présence de tumeurs à un stade précoce, mais aussi de suivre avec précision son évolution après les traitements anticancéreux.
1) Olsson E et coll. Serial monitoring of circulating tumor DNA in patients with primary breast cancer for detection of occult metastatic disease. EMBO Mol Med, 2015; 7:1034–47.
2) Harris FR et coll. Quantification of somatic chromosomal rearrangements in circulating cell-free DNA from ovarian cancers. Sci Rep, 2016; 6:29831.


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