Cancer : des traitements ciblés et personnalisés

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Cancer : des traitements ciblés et personnalisés

Message  ALINEA le Lun 25 Oct - 9:14

Par Sandrine Cabut
Les nouvelles approches permettent désormais de guérir ou de contrôler l'évolution de la maladie.

Des médicaments qui ciblent les mécanismes intimes des cancers, des traitements personnalisés en fonction de la carte d'identité de la tumeur d'un patient… La cancérologie est en pleine mutation. Hier, lors de la journée mondiale contre le cancer, des spécialistes ont rappelé que quatre cancers sur dix pourraient être prévenus (voir ci-dessous). Pour les autres, l'enjeu est dans l'idéal de guérir ; à défaut de contrôler la maladie avec des traitements au long cours, combinant éventuellement plusieurs médicaments. Cette stratégie est déjà effective dans certaines tumeurs (leucémies chroniques notamment). Aujourd'hui, sur les 330 000 nouveaux cas de cancers recensés chaque année en France, environ un sur deux se guérit. «On devrait arriver à un taux de 60 % dans les dix prochaines années», prévoit Jacques Raynaud, président de l'ARC (Association pour la recherche sur le cancer). Dans la majorité des cancers, la chirurgie est le premier traitement. Mais les thérapies dites ciblées sont de plus en plus étudiées, éventuellement associées avec des chimiothérapies classiques. «Il s'agit soit de petites molécules qui agissent sur des voies spécifiques à l'intérieur des cellules ; soit d'anticorps monoclonaux dirigés sur des récepteurs, le plus souvent des facteurs de croissance des cancers», explique le Dr Véronique Dieras (Institut Curie, Paris). «En France, plus de 200 essais cliniques évaluent des traitements ciblés, et plus de 2 000 dans le monde», précise Jacques Raynaud. Parallèlement, chercheurs et médecins s'attellent à décrypter les cartes d'identité génétique des tumeurs, pour prédire chez un patient donné le pronostic de la maladie et/ou la sensibilité à certains traitements.


• Cancers du sein

La prise en charge de cette maladie fréquente, 50 000 nouveaux cas et 10 000 décès par an en France, a beaucoup progressé. En témoignent les derniers chiffres qui permettent d'estimer le taux de survie cinq ans après le début de la maladie à 85 %. Depuis 2004, le nombre de nouveaux cas a légèrement diminué, apparemment du fait de l'arrêt de l'usage des traitements hormonaux de la ménopause. La réduction récente de la mortalité s'explique par un diagnostic et traitement précoce, une meilleure information des femmes. Grâce au dépistage, la taille des tumeurs découvertes a régressé.

«Ce qui a changé au cours des dernières années, c'est une meilleure connaissance de la maladie, avec l'identification de sous-groupes et de différentes formes nécessitant une prise en charge différente, explique le Pr Alain Fourquet, chef du service de radiothérapie de l'Institut Curie, spécialiste du cancer du sein. Le traitement n'est plus déterminé seulement par la taille de la tumeur. Des nouveaux outils permettent d'identifier la sensibilité de chaque cancer aux chimiothérapies, hormonothérapie ou radiothérapie.» Une des grandes révolutions est la découverte des récepteurs HER2 (à un facteur de croissance) dans 15 à 20 % des cancers du sein, qui ont pour effet d'augmenter la prolifération tumorale. Un médicament, l'herceptine, est capable de bloquer ces récepteurs, tout en améliorant l'efficacité de la chimiothérapie. D'autres molécules ayant un mode d'action similaire sont en cours d'essai. «Des inhibiteurs de l'angiogénèse (qui bloquent le développement de la vascularisation de la tumeur, NDLR ) sont en expérimentation, avec des premiers résultats intéressants dans les formes métastatiques», ajoute le Pr Fourquet. De plus en plus, le traitement sera défini à la carte, selon les caractéristiques génétiques de la tumeur. Les progrès portent aussi sur la radiothérapie, plus précise, et avec moins d'effets secondaires.


• Cancers de la prostate

En 2009, plus de 70 000 cas de ces cancers ont été détectés en France, un chiffre qui augmente de façon exponentielle avec le dépistage par PSA. «Avec cette évolution épidémiologique, la tendance est depuis deux ans de réduire les traitements agressifs», explique le Pr Olivier Cussenot (hôpital Tenon, Paris). Selon ce spécialiste, les deux tiers de ces tumeurs sont considérées comme à faible risque. Elles peuvent être simplement surveillées ou faire l'objet de traitements focalisés. L'hormonothérapie, classique dans les phases plus avancées, est désormais proposée de plus en plus souvent dans les formes peu agressives. Des traitements hormonaux de nouvelle génération, efficaces même chez les patients devenus résistants à l'hormonothérapie classique, devraient bientôt être commercialisés.


• Cancers colorectaux

Classiquement résistants à la chimiothérapie, ces cancers digestifs fréquents bénéficient aussi des approches ciblées, notamment des antiangiogènes. «Une dizaine de thérapies ciblées sont en développement à des stades divers», évalue le Pr Sylvie Negrier (Centre Léon Bérard, Lyon). Les spécialistes attendent aussi avec impatience l'arrivée de méthodes de dépistage dans le sang voire la salive, plus acceptables que l'actuelle recherche de sang dans les selles.

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