Cancer, à quand un "plan courage" ?

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Cancer, à quand un "plan courage" ?

Message  ALINEA le Sam 22 Fév - 13:48

Le Point.fr - Publié le 22/02/2014 à 09:08
Pour le professeur Didier Raoult, limiter les cancers commence par avoir le courage de s'attaquer aux éléments favorisant la maladie.355 000 nouveaux cas chaque année en France, 148 000 morts. Ces deux chiffres justifient à eux seuls le "plan cancer" que vient de lancer François Hollande. Mais, soyons réalistes, les découvertes scientifiques ne se décrètent pas. Le "plan cancer" de Nixon censé faire disparaître le cancer en vingt ans a fait long feu, de même que le "plan Alzheimer" du président Sarkozy. Par ailleurs, il ne suffit pas de mettre de l'argent sur la table. Le financement, mondial et massif, pour trouver des vaccins contre le sida, la tuberculose et le paludisme n'a donné aucun résultat tangible. On le sait, la stratégie la plus efficace est la prévention.

Les avancées des dernières années ont montré le rôle des infections dans la genèse des cancers. Ainsi, le cancer de l'estomac (4 400 décès par an) est en partie lié à la présence dans l'estomac d'Helicobacter pylori. Son dépistage systématique et le traitement précoce par des antibiotiques entraînent la diminution des cancers de l'estomac, ce que l'on observe dans les pays développés. Contre le cancer du foie, majoritairement lié aux hépatites virales, la France doit relancer le vaccin contre l'hépatite B injustement accusé de causer des scléroses en plaques, ce qui permettra de lutter contre cette maladie qui tue 1 500 personnes par an.

Pour freiner la diffusion du virus de l'hépatite C et du cancer du foie, nous devons dépister et traiter l'hépatite C le plus tôt possible avec les médicaments qui sont apparus ces dernières années. Face aux papillomavirus, responsables des cancers du col de l'utérus (1 100 morts chaque année), des cancers de l'anus et d'une partie importante des cancers de la gorge (2 000 à 3 000 décès par an), la proposition d'une vaccination généralisée aux garçons et aux filles mérite réflexion. Cette solution a été adoptée par l'Angleterre et les États-Unis.

Nutrition et hygiène de vie

Par ailleurs, la nutrition et l'hygiène de vie jouent un rôle aussi important. Le tabac reste l'ennemi numéro un. Il faut lutter par tous les moyens, y compris avec la cigarette électronique qui fait encore débat au nom d'arguments non scientifiques, alors qu'elle a démontré sa supériorité sur les patchs à la nicotine. L'obésité est une autre "épidémie" (15 % de la population française). Les études montrent que c'est l'un des facteurs les plus importants du cancer du sein chez les femmes après la ménopause, de l’œsophage, du pancréas, du corps de l'utérus et du foie. Aux États-Unis, on estime que 84 000 cancers sont dus chaque année à l'obésité.

Les aliments les plus visés sont les boissons sucrées. Là aussi, une stratégie courageuse consisterait à limiter leur consommation surtout chez les plus jeunes, et à rendre au moins obligatoire une information sur la toxicité du sucre ajouté aux aliments. Si aucun scientifique sérieux ne peut considérer aujourd'hui l'aspartame comme un poison, les boissons sucrées posent un vrai problème de santé publique.

Idem pour la consommation excessive d'alcool. Il ne s'agit pas de prôner l'abstinence, dont on a démontré qu'elle raccourcissait au contraire la vie, mais l'absence de consommation d'alcool en dehors des repas et la limitation drastique de l'accès aux boissons fortement alcoolisées pour les jeunes. Quant au vin, sa consommation modérée au cours des repas a un effet bénéfique sur la santé en général, scientifiquement incontestable. Enfin, il faut diminuer le sel présent dans notre alimentation, qui provoque l'hypertension et favorise le cancer de l'estomac (on le constate en particulier au Japon, où la nourriture est très salée). Là encore, il faudrait imposer aux industriels une information sur les paquets de sel et les aliments préparés industriellement souvent très salés.

Au total, des messages simplifiés, clairs, émanant de l'État et non de la grande distribution ou des associations de consommateurs permettraient de lutter efficacement contre le cancer alors que la population vieillissante y est de plus en plus exposée. À quand un plan courage ?
http://www.lepoint.fr/invites-du-point/didier_raoult/cancer-a-quand-un-plan-courage-22-02-2014-1794758_445.php
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