LES POLYPHENOLS

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LES POLYPHENOLS

Message  Invité le Mer 12 Aoû - 12:44

Fruits et légumes : vive les polyphénols!
Plusieurs exposés présentés par les conférenciers invités au FAV Health1 ont porté sur les effets bénéfiques des polyphénols que renferment les fruits et les légumes. Selon certains experts, ces substances seraient aussi essentielles à la santé que les vitamines et les minéraux, même si elles ne sont pas encore reconnues comme telles.

Les polyphénols sont des molécules que les plantes produisent naturellement pour se défendre contre diverses agressions : les rayons ultraviolets, les insectes, les champignons ou les maladies. Les pigments qui indiquent que les fruits et les légumes sont mûrs font aussi partie de la famille des polyphénols. Ce signal qu’ils envoient incite les animaux à les manger et contribue donc à la dispersion des graines.

Plusieurs milliers de polyphénols ont été identifiés dans le monde végétal et plusieurs centaines se trouvent dans les plantes comestibles. On les appelle aussi composés phytochimiques ou encore phytonutriments. Certains d’entre eux, comme la quercétine, sont présents dans tous les végétaux : fruits, légumes, céréales, légumineuses, thé, vin, etc. D’autres sont plus spécifiques à certains fruits et légumes. Par exemple, les anthocyanes sont surtout présents dans les petits fruits colorés (bleuets, cassis, etc.), et les indoles, dans la famille des choux.

Fait non négligeable, les polyphénols, semblent plus stables que certaines vitamines. Selon les quelques tests rapportés par certains conférenciers, la teneur en composés phytochimiques des fruits reste assez constante après quelques jours au réfrigérateur et même après la cuisson.

L’activité antioxydante des polyphénols a attiré l’attention des chercheurs depuis de nombreuses années, mais plusieurs des conférenciers du FAV Health 2005 ont insisté sur le fait que leurs effets biologiques, bien qu’encore mal cernés, vont bien au-delà de cet effet antioxydant.

À chacun son boulot!

Par exemple, selon les nombreux essais en laboratoire menés par l’équipe du chercheur américain Dr Bharat Aggarwal2, la curcumine, un des composés actifs du curcuma, a la capacité de court-circuiter plusieurs des processus déclenchant le cancer. « Certains de nos essais in vitro indiquent que la curcumine, lorsqu’elle est combinée au taxol, peut réduire les effets indésirables de ce médicament et en augmenter les effets anticancer », a mentionné Dr Aggarwal. Le taxol est un médicament utilisé en oncologie.

Dr Richard Béliveau, oncologue de l’Hôpital Sainte-Justine, s’est, quant à lui, penché sur les effets anticancer de l’acide ellagique, une substance qu’on retrouve notamment dans les fraises et les framboises. Les essais in vitro ont donné des résultats très intéressants. « Cela en fait un agent antitumeur prometteur », a déclaré Dr Béliveau.

Par ailleurs, les limonoïdes, présents dans les agrumes, pourraient aussi contrer le cancer, selon les recherches d’Edward Harris, professeur au Département de nutrition et de science des aliments de la Texas A&M University. « Lorsqu’on pense aux agrumes, on pense surtout à la vitamine C, mais c’est réducteur parce que ces fruits renferment d’autres composés très puissants », a-t-il expliqué.

Il a rapporté l’action des limonoïdes contre les cellules de neuroblastome, un cancer qui touche surtout les enfants. « De très petites quantités de limonoïdes ont littéralement déchiré les cellules cancéreuses de l’intérieur en fragmentant leur ADN », a-t-il poursuivi. Ces molécules se sont également révélées aussi efficaces que la camptothécine pour tuer des cellules intestinales cancéreuses. La camptothécine est un médicament anticancer principalement utilisé dans le traitement du cancer du côlon.

Dans tous les cas, les conférenciers n’ont pas manqué de signaler que les molécules qui s’emploient à enrayer la formation, la progression et la prolifération des cellules cancéreuses ont un « don » remarquable : elles épargnent les cellules saines!

Bien sûr, les données présentées au FAV Health sont préliminaires. Elles sont cependant soutenues par des études épidémiologiques qui indiquent clairement que la consommation de fruits et de légumes peut réduire l’incidence des maladies cardiovasculaires et du cancer. L’OMS estime que si tous les habitants de la planète mangeaient au moins 400 g de fruits et de légumes par jour, on pourrait sauver 2,7 millions de vies par année!

Françoise Ruby – PasseportSanté.net

1. Ce symposium sur les effets santé des fruits et des légumes s'est tenu du 17 au 20 août à Québec et a réuni 150 conférenciers et participants en provenance de 30 pays. (Voir notre reportage complet)
2. M. Aggarwal est également médecin et professeur de médecine et de biochimie à l’Université du Texas, aux États-Unis.

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