Une forte utilisation des médecines parallèles en oncologie pédiatrique

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Une forte utilisation des médecines parallèles en oncologie pédiatrique

Message  ALINEA le Sam 26 Jan - 12:36



Publié le 25/01/2013
Les médecines parallèles comprennent l’homéopathie, l’acupuncture, la phytothérapie et les traitements à visée énergétique ou relaxante. Lorsque ces traitements sont utilisés seuls, ils sont nommés alternatifs et quand ils sont employés en même temps qu’un traitement traditionnel, ils sont qualifiés de complémentaires. Ces médecines complémentaires et alternatives (MCA) sont populaires. On estime qu’un tiers des patients adultes et enfants y ont recours. L’ampleur de leur usage au cours des maladies sévères est mal connue, en particulier en oncologie pédiatrique.

Des auteurs néerlandais ont réalisé une enquête prospective auprès des parents des patients de 0 à 21 ans suivis en consultation externe dans six centres universitaires pour une affection maligne survenue dans les 5 ans précédant.

Pendant 6 mois, 288 questionnaires comportant 26 items, standardisés et validés portant sur ces MCA ont été recueillis. Les auteurs ont estimé la qualité de cette enquête, grâce à un score déjà établi portant sur 17 items, à 82 % sur 100 %. Sur les 288 patients, 122 (42,4 %) avaient utilisé des MCA, au moins une fois au cours des 12 derniers mois et 55 plus d’une fois (19,1 %). Plus du quart (26,5 %) avaient consommé des remèdes sans prescription, 20,4 % eu recours à des techniques d’autocontrôle et 13,1 % consulté un thérapeute de MCA. Ces MCA étaient l’homéopathie (18,8 %), les suppléments diététiques (11,5 %), les massages (11,4 %), les exercices de relaxations (10 %). Près de la moitié des parents (48,9 %) considéraient les MCA très efficaces, 25,8 % assez efficaces, 21,4 % n’étaient pas certains de leur efficacité et seuls 3,9 % les jugeaient pas efficaces du tout. Les motivations des parents étaient d’améliorer le bien-être et la santé générale (72,2 %), diminuer les effets secondaires du traitement (36,1 %) et seulement 7,4 % de guérir le cancer. Environ un tiers des parents (34 %) avait parlé des MCA avec le pédiatre oncologue et dans 83 % des cas, la prise résultait de leur initiative.

Cette prise était plus fréquente chez les filles et en cas d’utilisation chez les parents (p<0,001). Enfin, la moitié des parents étaient prêts à participer à une recherche sur le sujet.

Les auteurs insistent sur la nécessité d’une recherche de qualité sur les MCA et sur les possibles interactions avec la chimiothérapie : prise de vitamines et antagonistes, induction du cytochrome P450a par le millepertuis accélérant le catabolisme de certaines drogues.




Pr Jean-Jacques Baudon



Singerdonk M et coll. : High prevalence of complementary and alternative medicine use in the Dutch pediatric oncology population: a multicenter survey. Eur J Pediatr., 2013; 172: 31-37.
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