Retravailler après un cancer

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Retravailler après un cancer

Message  ALINEA le Mar 6 Sep - 18:38



Une fois le cancer enrayé, les traitements terminés, la vie peut reprendre son cours… L’après-cancer est ainsi le temps, pour 8 salariés sur 10, du retour au travail. Une reprise souvent souhaitée, attendue, mais qui ne se passe pas toujours aussi bien qu’espérée. Car si l’environnement professionnel a changé, le patient également n’est plus tout à fait le même. Explications et conseils pour préparer en douceur son retour dans le monde professionnel.
Sommaire

Le risque de la dévalorisation
Un travail psychique au long cours
Des entreprises peu préparées à accueillir les anciens patients
Retravailler avec « les autres »
Premier conseil : anticiper le retour
Demander une visite de pré-reprise
Garder le contact avec les collègues

Sur le sujet, consultez aussi notre article : Se sentir enfin guéri

« Le jour où je retournerai au bureau… Je me disais, j’en aurai fini avec tout ça » Pour beaucoup de patients, retourner au travail une fois les traitements terminés est le signe qu’une page se tourne. Avec l’espoir que le cancer est bel et bien derrière eux et que la vie peut reprendre son cours « normal ».
Le retour au travail, enjeu clé de l’après-cancer

Effectivement, le retour professionnel est un cap important dans le processus de reconstruction, dans ce temps de « l’après » qui s’avère toujours délicat. Car pour le patient, tout tourne autour d’une seule et même question : suis-je guéri ? C’est la période, aussi, où encore fatigué par les traitements, celui-ci doit apprendre à vivre avec, comme épée de Damoclès, le risque d’une récidive… Une éventualité qui l’empêche parfois de se tourner vers l’avenir et de se sentir bien. C’est d’ailleurs souvent dans ces mois de transition que surviennent de graves épisodes de dépression.

Ces chiffres sont tirés de « Répercussions du cancer sur la vie professionnelle » : étude réalisée auprès de 402 salariés en Ile de France », M.Sevellec, MF Bourillon, S. Le Bideau, H. Stakowski, N/ Le Peltier, E.Morvan, L. Belin, B. Asselain.

C’est pourtant dans ce contexte personnel difficile que les salariés vont la plupart du temps reprendre le chemin du bureau. Si eux sont anxieux et éprouvés par l’épreuve qu’ils viennent de traverser, l’entreprise, quant à elle, n’est pas toujours bien préparée à les accueillir. Résultat : si 8 salariés sur 10 retravaillent après un cancer, la moitié d’entre eux disent rencontrer des difficultés.*

Après s’être battus pour leur vie, l’aspect professionnel ne passe-t-il pas au second plan, pourront se demander certains ? Non, répond Monique Sevellec, psychosociologue à l’Institut Curie, pour qui le retour au travail est doublement important pour le patient : « C’est un enjeu fondamental car le travail donne une place sociale. Or avoir une place, c’est être quelqu’un. » Ce qui est d’autant plus capital quand on sort du statut de « malade » et que l’on peine à « se retrouver ».
Le risque de la dévalorisation

Plus d’infos sur l’Institut Curie sur : http://www.curie.fr/

Pour les salariés, l’un des premiers écueils consiste à croire que le retour au travail sera synonyme d’un « retour à la normale », exactement « comme avant ». Pourquoi ? Déjà parce que eux-mêmes ont changé. La maladie, les traitements ont laissé des traces. Dans la même enquête de l’Institut Curie, 61% des salariés se déclarent plus fatigables qu’avant, 33% reconnaissent des troubles de la mémoire ou de la concentration. Sans oublier les douleurs chroniques ou les problèmes psy (troubles du sommeil, dépression…) que certains peuvent alors connaître. Résultat : ils risquent se sentir diminués, déchus, notamment quand, comme beaucoup de cadres, ils aspiraient à retrouver très vite leur ancien poste. « Le problème, c’est qu’on va leur demander d’accomplir la même quantité de travail qu’avant, comme si de rien n’était, résume le Dr Bernard Asselain, chef de service à l’Institut Curie. Mais avec la fatigue, l’anxiété, ils ne peuvent plus l’assurer, malgré leurs efforts. Résultat : cela va générer encore plus de fatigue et d’anxiété. C’est un cercle vicieux. »

Le risque : entraîner le salarié dans une spirale dévalorisante. Justement parce que le retour au travail va le remettre à l’endroit précis où il était avant et que cela va attirer son attention sur ce qui a changé en lui. Notamment une éventuelle diminution de ses capacités.

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