Un médicament pour prévenir le cancer du sein

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Un médicament pour prévenir le cancer du sein

Message  MARIELEA le Lun 6 Juin - 18:59


Je me suis permise de souligner les passages qui me semblent les plus importants Wink)
Par Sandrine Cabut
06/06/2011 | Mise à jour : 14:48
Chez les femmes ménopausées à risque, un traitement hormonal réduit de 65% la survenue d'une tumeur.

Éviter le tabac et l'alcool, manger équilibré, bouger… La prévention des cancers passe avant tout par des changements de comportements.
Mais les médicaments pourraient bien avoir une place, du moins dans les tumeurs du sein. Une équipe internationale de chercheurs vient de révéler qu'une hormonothérapie par exemestane (Aromasine) permet de réduire de 65% la survenue de ces cancers. Les résultats de leur étude, menée chez 4500 femmes ménopausées, ont été présentés ce week-end à Chicago (Illinois) au 47e congrès de la Société américaine d'oncologie clinique (Asco), la grand-messe annuelle de la cancérologie. Ils sont aussi publiés dans le prestigieux New England Journal of Medicine (NEJM).

Chaque année, 1,3 million de cancers du sein sont diagnostiqués dans le monde, 52.000 en France.
Certaines femmes sont considérées comme à risque élevé, du fait d'une mutation génétique BRCA1 ou BRCA2 ou d'autres facteurs tels des antécédents familiaux, un âge avancé, des maladies bénignes du sein… Mais en dehors d'une surveillance accrue, peu d'options peuvent leur être proposées en prévention. L'ablation chirurgicale des seins, très radicale, s'adresse presque exclusivement aux femmes avec une mutation BRCA1 ou 2, exposées à un risque majeur de cancer du sein.
L'hormonothérapie par des anti-œstrogènes, tamoxifène et raloxifène, est validée aux États-Unis, mais ces deux médicaments sont peu prescrits du fait d'effets secondaires graves: cancer de l'utérus, embolies pulmonaires. En France, ils ne sont pas autorisés en prévention. Le Pr Paul Goss (université de Harvard, Boston), investigateur principal de l'étude présentée à l'Asco, et ses collègues ont testé un autre anti-œstrogène, l'exemestane, appartenant à la famille des inhibiteurs d'aromatase. Chez les femmes ménopausées, ces molécules sont devenues l'hormonothérapie de référence pour prévenir les récidives de cancers du sein. Dans cette indication, elles se sont révélées plus efficaces et moins toxiques que le tamoxifène, d'où l'idée de les étudier en prévention primaire -avant la survenue d'un premier cancer.

Au total, 4560 femmes ménopausées à haut risque de tumeur du sein (sans mutation mais âgées de plus de 60 ans, ou avec d'autres facteurs comme des antécédents de lésions du sein) ont été recrutées dans plusieurs pays. La moitié a été traitée par un comprimé par jour d'exemestane, l'autre par un placebo. Avec trois ans de recul en moyenne, 43 cancers invasifs sont survenus: 32 dans le groupe placebo et 11 parmi les femmes traitées, soit une réduction de 65%. Les effets secondaires (bouffées de chaleur, douleurs articulaires…) ont été légèrement plus fréquents sous traitement, mais la qualité de vie était quasi équivalente dans les deux groupes. Aucune toxicité cardio-vasculaire ou osseuse n'a été observée, ni d'excès d'autres cancers.

Le recul pris, trois ans, est toutefois limité. «Nous avons un traitement préventif plus efficace et mieux toléré que ce qui existe, c'est une nouvelle option dont il faut informer les femmes», estime Paul Goss, en précisant que la durée optimale de cette thérapie serait entre trois et cinq ans. Les deux éditorialistes du NEJM vont plus loin. «Les cancers du sein sont la deuxième cause de décès par cancer et l'un des diagnostics les plus redoutés par les femmes américaines. Aujourd'hui, nous avons les connaissances et des outils pour diminuer leur incidence. Nous n'avons plus d'excuses. Qu'est-ce que nous attendons?»

Douleurs articulairesCette stratégie ne fait cependant pas l'unanimité. «Les inhibiteurs d'aromatase entraînent chez 30% des patientes des douleurs articulaires qui peuvent être gênantes. Donner un traitement qui induit des effets secondaires à quelqu'un qui ne se plaint de rien est discutable», relève le Pr Pierre Kerbrat (CHU de Rennes).
Pour ce cancérologue, la prévention des cancers du sein devrait passer en premier lieu par l'alimentation et une activité physique régulière, dont l'efficacité est démontrée
.

Le Pr Pascal Pujol, investigateur de l'essai en France, est lui convaincu que vu les résultats, des femmes à haut risque seraient motivées pour prendre un médicament. Reste à savoir dans quel cadre. En France comme aux États-Unis, l'exemestane est en train de tomber dans le domaine public. Et il n'est pas évident que son fabricant (Pfizer) demande une autorisation pour une nouvelle indication alors que des génériques vont arriver. Deux autres essais de chimioprévention avec des inhibiteurs d'aromatase sont en cours, dont un coordonné par le Pr Pujol chez des femmes avec une mutation BRCA1 ou 2. Cette étude française promue par Unicancer (Fédération française des centres de lutte contre le cancer) a cependant du mal à avancer. Sur les 500 femmes nécessaires, seulement 120 ont été recrutées.

source

_________________
" On se lasse de tout, excepté d'apprendre." Virgile
avatar
MARIELEA
Admin
Admin


Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum