Le «burn-out» touche aussi les internes en médecine

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Le «burn-out» touche aussi les internes en médecine

Message  ines le Mer 27 Oct - 10:12

Peut être une "explication " au parfois manifeste manque d'humanité ?

Par Sandrine Cabut
26/10/2010 Selon une enquête, 44% des jeunes cancérologues souffrent de stress professionnel.

Près de la moitié des internes en cancérologie ont déjà des signes d'épuisement professionnel, selon une étude française présentée récemment au congrès annuel de l'European Society for Medical Oncology, à Milan (Italie). Décrit dans pratiquement tous les métiers, ce syndrome, également appelé «burn-out», a été bien documenté dans les professions médicales: 20 à 50% des médecins sont concernés en fonction du mode d'exercice et de la spécialité. Mais jusqu'ici, il y avait peu de données chez les étudiants en médecine.

Pierre Blanchard (Institut Gustave-Roussy, Villejuif) et ses collègues ont envoyé un questionnaire aux 340 internes en cours de spécialisation dans les trois filières de la cancérologie (oncologie médicale, radiothérapie et hématologie). Sur les 206 qui ont participé de façon anonyme, 44% répondaient aux critères du «burn-out», qui se définit par trois composantes: un épuisement émotionnel, une dépersonnalisation de la relation à l'autre et une sensation de faible accomplissement personnel. L'enquête, conduite en 2009, montre également que 20% de ces jeunes médecins prenaient régulièrement des anxiolytiques ou des somnifères. Une proportion non négligeable envisageait «souvent ou très souvent» d'abandonner la médecine (15%) ou de changer de spécialité (11%). «Ce score de 44%, bien qu'il soit en accord avec les résultats attendus en utilisant cette échelle, traduit effectivement une souffrance dont il est important de rechercher les causes, commente Pierre Blanchard. Mais épuisement professionnel ne signifie pas maladie.»


Confrontés à la mort

Dans d'autres études, le «burn-out» a été corrélé à une augmentation du risque suicidaire et à une altération des relations avec les patients (moindre empathie, risque accru d'erreurs médicales), indique toutefois le Dr Laurence Albiges, qui a présenté les résultats de l'étude française au congrès de Milan. Chez ces jeunes cancérologues, cinq principaux facteurs de stress ont été recensés, à commencer par la «forte charge émotionnelle» d'un métier où l'on est souvent confronté à la mort. Il y a aussi la lourde charge de travail, les questionnements liés au statut d'interne (sans réelle visibilité sur sa carrière) ou plus existentiels, et enfin les demandes excessives de la part des patients ou de leur famille. Le syndrome d'épuisement professionnel était plus fréquent chez les internes qui ne se sentaient pas assez reconnus ou récompensés pour leur travail, notent aussi les auteurs.

Les cancérologues plus expérimentés ne sont pas épargnés par ces difficultés. «Nous vivons dans un équilibre précaire. C'est dur de voir un patient partir, même lorsque vous avez 70 ans», a ainsi témoigné le Dr Fortunato Ciardello (Naples), lors de la table ronde organisée sur cette thématique au congrès de Milan. Selon lui, tout médecin travaillant en cancérologie est confronté un jour ou l'autre et à des degrés divers au «burn-out». À la suite de cette enquête nationale, des systèmes de tutorat par des pairs plus expérimentés sont en train de s'organiser en France, de même que la possibilité - déjà effective à Paris - de participer à des groupes de parole spécialisés. D'autres spécialités et syndicats d'internes se penchent aussi sur le sujet, selon Laurence Albiges.

Par Sandrine Cabut
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ines


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